On a tous vu la même chose, en montagne comme en mer : les gens découvrent les premiers secours trop tard. Après l'accident.
Nous sommes des formateurs en exercice — pisteurs, guides, sauveteurs, infirmiers. Tous formateurs de formateurs, et concepteurs de formation. Et partout où nous intervenons, on fait le même constat : les gens ne se forment pas aux gestes qui sauvent — par manque de temps, d'envie, ou parce qu'une formation classique, ça les ennuie. Ils y viennent souvent le jour où il est déjà trop tard.
On a aussi vu, de l'intérieur, des centres et des dirigeants pour qui la formation était d'abord une affaire d'argent. Nous, ce n'est pas ça qui nous anime. Notre vocation, c'est de croiser les référentiels — français, européens, internationaux — pour en extraire ce qui est le plus pertinent. Nous sommes aussi concepteurs de référentiel : on partage, on transmet, et on fait en sorte que les gens soient réellement opérationnels.
Parce que le terrain ne lit pas les référentiels. Nous nous tenons à la croisée des chemins : entre ce qui se fait réellement sur le terrain, ce qui est réellement bon pour sauver des vies, et ce qui tient dans un vrai référentiel. La bonne réponse au bon moment, c'est parfois dans le cadre, souvent en dehors — l'essentiel, c'est l'adaptabilité. Avoir la bonne réponse au bon moment pour sauver une vie.
Alors on a inversé la logique. Plutôt que d'attendre que les gens viennent à la formation, on amène la formation à eux — déguisée en défi sportif. On les met en situation de secours, presque sans qu'ils s'en rendent compte, sous forme de compétition. Ils prennent du plaisir, ils se dépassent, et ils repartent avec des réflexes, des bonnes pratiques, une expérience. Une base qui sera là, le jour où ça comptera.