Réponse courte : oui, une bonne partie des premiers secours s'apprend en ligne, à condition de savoir ce qu'on apprend. En ligne, vous apprenez à reconnaître une urgence, à alerter et à décider quoi faire. Pour réaliser les gestes correctement (compressions, PLS, garrot), il faut un mannequin et un formateur.
Bonne nouvelle : la première partie est souvent celle qui manque le jour J. Beaucoup de témoins ne font rien, non par manque de force, mais parce qu'ils ne savent pas par où commencer. C'est ce que vise notre formation gratuite Premiers secours pour tous, construite sur le référentiel PSC.
La frontière en un tableau
| S'apprend très bien en ligne | Demande de la pratique en salle |
|---|---|
| Reconnaître un arrêt cardiaque, un étouffement, un malaise grave | Comprimer à la bonne profondeur et au bon rythme |
| Savoir qui appeler et quoi dire | Insuffler sans excès, en voyant la poitrine se soulever |
| Connaître l'ordre des actions | Retourner une victime en PLS sans lui tordre la colonne |
| Distinguer une brûlure simple d'une brûlure grave | Serrer un garrot improvisé jusqu'à l'arrêt du saignement |
| Savoir ce qu'il ne faut jamais faire | Donner des claques dans le dos efficaces à un nourrisson |
| Réagir à une alerte aux populations | Gérer le stress d'une mise en situation réaliste |
Ce que vous pouvez apprendre en ligne
Reconnaître une urgence vitale
Le référentiel PSC donne des repères simples, qui se retiennent très bien en lisant et en s'exerçant sur des cas :
- arrêt cardiaque : la victime ne répond pas, ne réagit pas, et ne respire pas, ou respire de façon anormale (mouvements lents, bruyants, inefficaces). Une respiration anormale doit être considérée comme un arrêt cardiaque ;
- étouffement : si la victime peut parler, crier ou tousser, on l'encourage à tousser ; si elle ne le peut plus, garde la bouche ouverte, s'agite ou devient bleue, il faut agir tout de suite ;
- hémorragie : une perte de sang qui ne s'arrête pas d'elle-même et imbibe un mouchoir en quelques secondes ;
- malaise : certains signes doivent alerter, comme une douleur dans la poitrine, la faiblesse ou la paralysie d'un bras, une déformation du visage, une difficulté à parler ou un mal de tête sévère et inhabituel.
Alerter correctement
Qui appeler (15, 18, 112, ou 114 par SMS, tchat ou visio), quoi transmettre (numéro, nature du problème, nombre de victimes, localisation précise), et quand raccrocher (sur instruction de l'opérateur). Le référentiel ajoute une astuce précieuse pour l'arrêt cardiaque : seul avec un téléphone, activez le haut-parleur et commencez la réanimation pendant que vous alertez.
Comprendre pourquoi on agit
Comprendre, c'est retenir. Quelques exemples du référentiel :
- on allonge une victime qui saigne abondamment, car la position allongée retarde l'installation d'une détresse ;
- on refroidit une brûlure à l'eau courante tempérée, au moins 10 minutes, idéalement 20 : commencer après 30 minutes n'a plus d'intérêt ;
- on fait asseoir une personne qui saigne du nez, tête penchée en avant, et on lui demande de comprimer ses narines pendant 10 minutes ;
- chaque minute gagnée dans la mise en place d'une réanimation efficace peut augmenter de 10 % les chances de survie.
Savoir ce qu'il ne faut jamais faire
Les interdits se retiennent bien en ligne, et évitent d'aggraver une situation :
- ne jamais retirer un corps étranger planté dans une plaie (couteau, morceau de verre) ;
- ne jamais percer les cloques d'une brûlure ;
- en cas d'ingestion d'un produit chimique, ne jamais faire vomir ni faire boire ;
- ne jamais tenter de réaligner une fracture déplacée ;
- ne jamais toucher une victime d'électrisation avant la suppression du risque électrique.
Réagir à une alerte aux populations
Le PSC couvre aussi l'alerte aux populations : le signal national d'alerte des sirènes (testé le premier mercredi de chaque mois, à midi), les notifications FR-Alert qui arrivent sur les téléphones sans inscription ni application, et les bons réflexes : se mettre en sécurité, s'informer, ne pas aller chercher les enfants à l'école, et ne pas téléphoner sauf urgence vitale.
Ce qui demande un mannequin et un formateur
La réanimation cardio-pulmonaire
Environ 5 cm de profondeur chez l'adulte, sans dépasser 6 cm. Un tiers de l'épaisseur du thorax chez l'enfant et le nourrisson. Entre 100 et 120 compressions par minute, en laissant le thorax reprendre sa forme. Chez le nourrisson, avec les deux pouces en encerclant le thorax. Ces chiffres se lisent en ligne ; ils ne se produisent que sur un mannequin, idéalement avec un formateur qui corrige votre position.
La position latérale de sécurité
Trois temps, une dizaine de mouvements enchaînés, un objectif : retourner la victime en limitant au maximum les mouvements de sa colonne, et finir dans une position stable, bouche ouverte. La lecture aide à retenir l'ordre ; seule la pratique donne le geste fluide.
Le garrot et la désobstruction
Serrer un garrot improvisé « jusqu'à l'arrêt du saignement », donner des claques « vigoureuses » entre les omoplates, tirer « franchement » vers l'arrière et vers le haut pour une compression abdominale : ces mots ne prennent leur sens qu'avec un partenaire, un mannequin, et quelqu'un pour vous dire « plus fort » ou « plus haut ».
Le meilleur des deux : en ligne d'abord, en salle ensuite
Le combo que nous recommandons :
- 1.apprendre en ligne, gratuitement, à votre rythme : reconnaître, alerter, décider ;
- 2.pratiquer en salle : une journée de PSC si vous avez besoin du certificat, ou notre journée Premiers secours pour tous en salle si vous voulez simplement savoir agir ;
- 3.garder le réflexe : l'appli gratuite Réflexes secours vous guide pas à pas en situation réelle, avec les défibrillateurs à proximité et un métronome pour le rythme des compressions.
Le référentiel encourage aussi à installer une application citoyenne qui permet d'être alerté par les secours en cas d'arrêt cardiaque à proximité. Une fois formé, vous pouvez être utile bien au-delà de votre entourage.



