En montagne, tout change d'échelle — y compris les accidents. Un incident bénin en ville (une cheville tordue, un malaise) devient un vrai problème quand vous êtes à deux heures de marche du premier sentier carrossable et que le réseau joue à cache-cache. C'est précisément pour ces situations qu'il faut savoir quoi faire avant les secours. Suivez le guide.
La règle universelle : Protéger, Alerter, Secourir
Tout part de ces trois mots, dans cet ordre. En montagne, chacun prend une couleur particulière.
1. Protéger
Avant de vous précipiter sur la victime, sécurisez les lieux — et vous-même. Une pente instable, un risque de chute de pierres, un dévers glissant : un deuxième blessé ne sauvera personne. Évaluez le sur-accident avant d'agir. Si besoin, déplacez la victime *seulement* si le danger l'impose.
2. Alerter (le nerf de la guerre en montagne)
C'est ici que la montagne se distingue. Pour donner l'alerte :
- Numéros : le 112 (urgences européennes) fonctionne même sans réseau de votre opérateur s'il existe un autre réseau ; le 114 par SMS pour les personnes qui ne peuvent pas parler.
- Localisez-vous précisément : nom du sentier, altitude, points de repère, et si possible coordonnées GPS (votre application de rando les affiche). « On est dans la forêt » ne suffit pas.
- Transmettez un bilan clair : que s'est-il passé, état de la victime (consciente ? respire ? saigne ?), nombre de personnes, conditions météo.
- Pas de réseau ? Déplacez-vous vers un point haut ou dégagé, gardez la batterie (mode avion entre deux essais), et notez l'heure du dernier contact.
3. Secourir
En attendant les secours, appliquez les gestes adaptés : position d'attente, compression d'un saignement, couverture contre le froid (le corps se refroidit vite à l'arrêt, même l'été), réconfort. La connaissance de ces gestes ne s'improvise pas — on la construit en formation.
Le froid, l'ennemi qu'on oublie
Une victime immobilisée en montagne se refroidit, même par beau temps. Isolez-la du sol, couvrez-la (la fameuse couverture de survie de votre sac), protégez-la du vent. L'hypothermie aggrave tout.
La meilleure préparation : savoir, avant de partir
On gère un accident d'autant mieux qu'on s'y est préparé. Le PSC donne le socle ; pour les pratiquants réguliers de la montagne, monter vers le PSE1 apporte un vrai plus. Et avant chaque sortie, la check-list sécurité reste votre meilleure alliée.
Randonneur dans le Mercantour ou ailleurs ? Formez-vous aux gestes qui sauvent : la montagne récompense ceux qui anticipent.