Vous avez couru, navigué, ramé, vous êtes au bord de l'épuisement — et c'est exactement le moment où le R&R vous attend. Là, le chronomètre s'efface : ce qui compte, c'est la justesse de vos gestes sur la victime, évaluée par un jury. Le R&R, pour « Bilan & Réanimation », est le poste qui incarne mieux que tout l'ADN de CAP RESCUE : un sauveteur rapide mais brouillon vaut moins qu'un sauveteur lucide et précis. Voici pourquoi ce poste change tout.
Qu'est-ce que le R&R ?
Le R&R est un poste évalué intégré au parcours de nos deux épreuves-phares, Mountain Rescue et Ocean Rescue. Son nom — Bilan & Réanimation — dit l'essentiel : à ce poste, le compétiteur prend en charge une victime de A à Z et un jury évalue la qualité de cette prise en charge.
Concrètement, on y juge l'approche et la sécurisation de la victime, la réalisation d'un bilan, les gestes d'urgence adaptés à la situation, la réanimation si le scénario l'exige, ainsi que la communication et l'alerte. Le tout est noté non pas sur la vitesse, mais sur la précision, l'ordre des gestes et la sécurité.
Le R&R s'inspire d'une tradition reconnue du sauvetage sportif international, le « Rescue & Resuscitation », que CAP RESCUE a adaptée à ses propres épreuves et à ses milieux.
Pourquoi ce poste est le cœur de notre philosophie
Tout le projet de CAP RESCUE tient dans une conviction : la performance physique n'a de sens que si elle débouche sur un secours réussi. Or, dans la plupart des sports d'effort, on ne mesure que la performance. Le R&R, lui, mesure le secours.
Cela a une conséquence directe sur les classements. Un concurrent qui survole le parcours mais bâcle sa prise en charge au R&R peut être dépassé par un concurrent plus lent mais irréprochable face à la victime. Ce n'est pas un détail : c'est un choix assumé qui distingue radicalement le sauvetage sportif des courses d'obstacles classiques. Chez nous, on ne récompense pas celui qui court le plus vite, mais celui qui sauve le mieux.
Ce poste rappelle aussi une vérité du secours réel : sur une vraie intervention, personne ne vous félicitera d'être arrivé vite si la victime n'est pas correctement prise en charge. C'est le résultat qui compte.
Accessible dès le PSE1, avec une exigence progressive
Le R&R noté est accessible dès le niveau PSE1 (Premiers Secours en Équipe de niveau 1), premier échelon de secouriste équipier. C'est un plancher : il s'ouvre aux titulaires du PSE1, du PSE2 ou de qualifications supérieures.
L'exigence du scénario s'adapte au niveau réel du compétiteur : un titulaire du PSE2 affronte une situation plus complexe qu'un PSE1. Quant aux participants du mode Découverte, qui disposent du seul PSC, ils réalisent une version simplifiée et assistée, sans notation R&R — une façon de découvrir la logique du poste avant d'y être évalué.
Ce système crée une belle progression : on découvre, puis on est évalué, puis on relève des scénarios toujours plus exigeants à mesure qu'on monte en compétence. C'est exactement la logique du parcours PSC → PSE → BNSSA.
R&R en montagne, R&R en mer
Le poste s'adapte à chaque milieu. En Mountain Rescue, le scénario colle au terrain montagnard : victime de chute ou de malaise en terrain accidenté, prise en charge traumatologique, immobilisation et conditionnement avant le brancardage. En Ocean Rescue, une fois la victime ramenée sur le sable, le scénario est aquatique : bilan, gestes d'urgence et réanimation adaptés à une situation de noyade, mise en position d'attente, alerte.
Dans les deux cas, la même exigence : des gestes justes, sûrs, dans le bon ordre, malgré la fatigue de l'effort qui précède.
S'y préparer, c'est s'entraîner pour de vrai
Réussir le R&R ne s'improvise pas. Il faut maîtriser ses gestes de secours, mais surtout savoir les exécuter après l'effort, le souffle court et le cœur battant — car c'est dans cet état qu'on arrive au poste. C'est précisément ce que travaillent les entraînements CAP RESCUE : enchaîner l'effort physique et la précision technique, jusqu'à ce que la fatigue ne dégrade plus la qualité du geste.
C'est là toute la valeur du R&R, bien au-delà de la compétition : un membre qui s'y est entraîné devient quelqu'un capable de garder son sang-froid et sa précision dans une vraie situation de stress. Le poste qui fait gagner des épreuves est aussi celui qui forge de vrais sauveteurs.